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lundi 19 décembre 2011

Le débat sur le projet de ligne à haute tension a fait des étincelles, mercredi, à Phalempin

 

vendredi 16.12.2011, 05:32 - La Voix du Nord
PAR MARIE DELATTRE
seclin@lavoixdunord.fr  

|  ON EN PARLE |

Les riverains concernés par le projet de ligne à très haute tension entre Avelin et Gavrelle rêvaient de rencontrer les représentants de RTE (Réseau de transport d'électricité), pour leur dire tout le mal qu'ils pensent d'un tel chantier. Le débat public de proximité, organisé mercredi soir à Phalempin, leur a permis de durcir le ton pour clamer bien fort leurs arguments. Et leur crainte de voir débarquer des pylônes dans la Pévèle et le Carembault.

« C'est un débat ou c'est un cours, là ? » Excédé par l'exposé technique interminable de Gaëtan Desquilbet, directeur de projet chez RTE, un Phalempinois s'est brusquement levé, pour « dire maladroitement ce que beaucoup pensent tout bas ». Lui n'en a que faire du design des pylônes de la future ligne à très haute tension, dont les tracés envisagés pourraient, au choix, balafrer le paysage du Carembault ou enlaidir la Pévèle (notre édition du 27 octobre). « Je veux parler de l'aspect négatif des ondes sur la santé. » Une habitante venue d'Attiches enfonce le clou : « Est-ce secondaire, pour RTE, l'impact sur la santé ? » Une heure déjà que le débat public a démarré. Et dans la salle des fêtes de Phalempin, les 220 participants s'exaspèrent de ne pas pouvoir aborder les sujets qui les préoccupent. « J'arrête, je vous laisse la parole », convient Gaëtan Desquilbet.

« Vous devriez réfléchir à l'intérêt global de l'enterrement de votre ligne », intervient un médecin assis dans le public. RTE botte en touche. Impossible, car trop onéreux (environ 460 millions d'euros). « Et transporter une telle quantité d'énergie (400 000 volts) sous terre est à la limite de nos compétences techniques. » Trente kilomètres de lignes aériennes, entre Avelin et Arras, coûteraient six fois moins cher. Pour RTE, le calcul est vite fait. Pas pour les agriculteurs. « Il faut penser aux bruits parasites, aux impacts sur les bêtes », insiste Didier Helleboid, vice-président de la chambre régionale d'agriculture. Et optimiser l'emprise au sol par les pylônes plantés dans les champs. « On fera tout pour que ça se passe bien , assure Gaëtan Desquilbet, et pour qu'il n'y ait pas de perturbations sur les zones d'élevage. » Pas franchement convaincant, pour les élus présents ce soir-là. « Ici, les nuisances on sait ce que c'est, râle Thierry Lazaro, député-maire de Phalempin. Des endroits comme Mons-en-Pévèle, il n'y en a pas 50 dans la région. » Un avis que partage Alain Duchesne, maire de Tourmignies. « Nous avons un parc ornithologique exceptionnel. Quel sera l'impact sur les oiseaux ? » La seule solution, pour les riverains, c'est l'enfouissement. Même partiel. « Jusqu'où on enterre, dans ce cas ?, interroge le directeur de projet de RTE. C'est difficile d'être celui qui va avoir le premier pylône. » Mais toujours mieux que de « cumuler peste et choléra », ironisent Raymond Namyst, adjoint à Camphin et Jean-Claude Sarazin, maire d'Avelin.
« En fonction de quels critères allez-vous décider le tracé ? », soulève une Phalempinoise. La « qualité des arguments », apparemment. Le bois des Cinq-Tailles dans la Pévèle, ou l'antenne TDF (télédiffusion de France) dans le Carembault pourraient bien peser dans la balance et envoyer valser les pylônes. « Le préfet et le ministère de l'Énergie trancheront, à l'issue des débats. » Pour certains riverains, « il est urgent d'attendre que les avancées techniques permettent un enfouissement à moindre coût ». Pour RTE, il est vital de renforcer le réseau électrique, jugé trop fragile sur cette portion. « Vous dites "il faut le faire",ça veut dire que c'est décidé... » Formellement non. Le verdict est attendu le 3 juillet. •