La zone d'activités est située juste au dessus de la nappe phréatique, peu profonde.
| POLÉMIQUE |
Tout semble ficelé depuis que le commissaire enquêteur a donné un avis favorable à l'implantation du centre de tri de déchets sur un terrain de quatre hectares, juste à côté de la Française de mécanique. Et pourtant personne ne veut désarmer au sein du collectif d'associations qui s'est formé dans les communes concernées, mais aussi dans une partie des Weppes. Les militants ont désormais un allié, le maire de La Bassée. Le prochain test sera la manifestation du 7 décembre.
PAR PASCAL BUTSTRAEN lens@info-artois.fr
1 Que veut faire Vanheede ?
L'entreprise belge qui jusqu'à présent a son siège français à Marquette veut créer à Billy-Berclau, juste à côté de la Française de mécanique, un centre de regroupement et de tri de déchets provenant de l'industrie et des ménages. Sur le terrain de quatre hectares, il est question de construire deux bâtiments de 1 500 m² séparés par une voie couverte de 8 mètres de large, destiné à la réception et au tri. Un autre bâtiment de 1000 m² pour le stockage de déchets spéciaux, un garage et des bureaux sont également prévus. Une seconde phase consisterait à réaliser en plus un bâtiment de stockage de 2 000 m², précise le document fourni par le commissaire enquêteur avant de donner un avis favorable, à cette création. Ce centre verrait passer par exemple des déchets verts, des métaux, des tubes néon, des huiles usagées, des batteries. En revanche il n'y aura aucun traitement de recyclage, aucune incinération. Jusqu'à une cinquantaine d'emplois seraient prévus.
2 Pourquoi La Bassée se mobilise ?
« J'ai appris que l'on voulait construire ce centre de tri par La Voix du Nord ! » rage encore aujourd'hui Philippe Waymel maire UMP de La Bassée. « Légalement nous n'étions pas concernés par l'enquête publique, puisque la limite la plus proche de notre commune est située en dehors d'un périmètre de 2 kilomètres autour de l'implantation de ce centre de tri. Or nous sommes à 2 200 m ! On va encore dire que je fais un coup politique, mais cela m'est égal. Des centres de tri, il en faut. Si je m'élève contre ce projet, c'est parce que la nappe phréatique dans le sous-sol de Billy-Berclau est la même que celle de toute la métropole lilloise », et donc de La Bassée. « Or selon des documents du SIZIAF lui-même (syndicat mixte qui gère le parc d'activités), la nappe est à cet endroit très peu profonde et fragile »
3 Quelle issue ?
L'enquête publique (favorable comme dit plus haut) est close, les conseils municipaux de Billy-Berclau, Wingles, Bauvin et Salomé ont voté pour. Marquillies s'est abstenu. Douvrin et Hantay ont voté contre. Mais cela ne remet pas la construction du centre en cause. Pour contrecarrer le projet il ne reste que les coups d'éclat et les actions politiques des opposants que sont les militants des trois associations « Billy-Berclau Authentique » (BBA), l'« association du citoyen vert du canton de Douvrin », « Salomé non aux pollutions », qui se sont réunies au sein du collectif dit BBDHS Environnement (H comme Hantay). Combien sont-ils ? Il y avait environ 300 personnes à la réunion publique mi-septembre. Mais pas que des militants selon les acteurs favorables au projet.
La manifestation prévue le 7 décembre sera un test. Le rendez-vous est donné à 14 heures, au rond-point de Salomé sur la RN 47. Le maire de La Bassée envisage de faire une réunion publique avant, ou dans la foulée. D'ici là il aura aussi interpellé le président du département du Nord (et pas du Pas-de-Calais) en tant que conseiller général du canton comprenant les villes du Nord concernées. Son but, par ce biais est d'alerter tous les organismes de gestion de l'eau.

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